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Gare à notre tendance à « gadgétiser » l’émotion !, par les Pros de la Petite Enfance

Le 05 janvier 2021

Gare à notre tendance à « gadgétiser » l’émotion !

Notre engouement récent pour les émotions représente une véritable avancée dans les pratiques pédagogiques tant il nous a permis de mieux percevoir et accompagner les états émotionnels des jeunes enfants. Paradoxalement, ce mouvement nous a fait tomber dans un travers glissant, celui de la gadgétisation de l’émotion. Balle à émotions, cartes à émotions, coussin de la colère, coin à émotions… Quand c’est trop, c’est trop ! Le point de vue éclairé, tranché et un tantinet sarcastique de la psychologue Héloïse Junier qui prépare actuellement une thèse sur les émotions du jeune enfant à l’Université Paris-Descartes de Paris.

Pour aller plus loin, suivez le lien :

https://lesprosdelapetiteenfance.fr/bebes-enfants/psycho-pedagogie/gare-notre-tendance-gadgetiser-lemotion



Tous nos voeux pour cette nouvelle année !

Le 31 décembre 2020

  



"S'ennuyer pour se construire", Entretien avec D.R. Dufour, philosophe, professeur en sciences de l'éducation

Le 01 décembre 2020

L'ennui est vital pour l'humain. Ces moments de vide, de rien, nous permettent d'élaborer des réponses hors de l'immédiat, qui soient à construire et différées. Pour se mettre en projet, construire un monde, savoir ce que l'on veut, un temps de manque, d'errance, de vide est nécessaire.

Si tout notre espace-temps est comblé, bouché par du faire, des objets, aucune place n'est laissée à la construction, à la projection et nous risquons d'être emportés dans une dépendance à ces objets... 

Un entretien vidéo en lien avec plusieurs de nos formations DPC psychomotricité.

Parentalité et psychomotricité : Le corps seul d'un bébé, ça n'existe pas !

Enfant(s) et parent(s) en Thérapie psychomotrice

Cette vidéo a été réalisée lors d’un entretien entre le philosophe Dany-Robert Dufour et Diane Huppert en mai 2018.

Comme nous l’explique le philosophe Dany-Robert Dufour, « je crois que s’ennuyer est un temps décisif dans l’éducation, la formation, l’assomption subjective. Parce que si tout notre espace temps est comblé par de multiples objets et que ces objets ne sont pas adéquats ; nous sommes donc lancés dans une recherche effrénée, qui va nous conduire dans une forme d’addiction à ces objets ».  

Donc, installer des lieux de vide où l’on s’ennuie, devient la condition nécessaire pour que je puisse élaborer quelque chose non pas d’une réponse immédiate mais d’une réponse à construire, différée. 

Ce sera le projet que je ferais sur ma vie, mon monde, et donc sur celui que je pourrais avoir. Ce sera donc le projet que je désirerais avoir et qui me mettra à contribution, parce que je ne ferais pas que consommer mais aussi me former. Je serais donc dans l’obligation de construire des stratégies pour construire mes objets. 

Cela passe par un temps de manque, d’errance, de troubles, où je n’ai rien. Je crois qu’il faut faire confiance au pouvoir assembleur de l’esprit comme disait Kant. En effet, pour que dans ces temps-là, l’esprit au bout d’un certain temps nous présente un temps d’imagination qui permet cette projection.

C’est autre chose que je veux et que je dois construire, l’ennui est donc décisif. Il faut des plages d’ennui pour que l’univers saturé de la marchandise soit un peu dégagé et que du champ libre soit laissé aux individus pour se projeter. 



8 mois de vie masqués, et après ? Article de Monique Busquet, psychomotricienne

Le 24 novembre 2020

8 mois de vie masqués et après ? Par Monique Busquet

Psychomotricienne D.E., Formatrice à S'Pass Formation

Il y a déjà 8 mois que le masque est devenu omniprésent dans nos vies : sur nos visages et devant nos bouches, dans nos têtes et préoccupations, dans nos gestes et nos habitudes, dans nos conversations et nos écrits. J’ai hésité à écrire encore une fois sur ce sujet. Nous sommes nombreux à avoir déjà partagé et exprimé nos inquiétudes quant au développement des enfants. Mais à l’heure où l’utilisation du masque est toujours plus généralisée et renforcée, et cela à un âge encore plus jeune, il me paraît essentiel de rester vigilant. Ce port du masque, présenté et espéré comme un outil de résistance à la transmission du « virus », est donc entré aujourd’hui dans les habitudes. Il est en train de devenir « la norme », «le  normal ».

Nous oublions parfois que nous le portons, voire nous avons l’impression qu’il nous manque quelque chose quand nous ne l’avons pas. Il commence à faire partir de « nos habitudes corporelles et sensorielles ». Il peut nous arriver de nous sentir « nus » sans lui, comme lorsque nous sortons sans bijoux, sans maquillage, sans sac ou sans téléphone.  Il devient comme une partie de soi et des autres, intégré dans un nouveau schéma corporel, une nouvelle représentation de nos corps.
Alors si porter un masque commence à sembler presque normal pour nous adultes, qu’en est-il pour les enfants ?  Huit mois de la vie des enfants, c’est considérable ! Toute leur vie pour certains !

Les risques ont déjà été exprimés par nombre des médecins, chercheurs et autres professionnels : difficultés de perception des émotions, modes de relation et communication réduits, difficultés à entrer dans le langage… La question reste entière :  comment ces enfants vont-ils grandir ? Que vont-ils développer comme connaissance d’eux-mêmes, comme relations aux autres ?
Nous savons que « tout fait trace », tout s’imprime en profondeur dans nos cerveaux, psychismes et inconscients. Nous adultes, saurons enlever nos masques, quand ce sera possible.  Nous saurons sans doute retrouver le chemin d’une vitalité spontanée, des modes de relation, de contact et de toucher que nous avons auparavant suffisamment connus.

Mais les plus jeunes : quels effets dans 2 ans, 10 ans, 20 ans de ce qui s’imprime actuellement en eux, dans leurs cellules. Vont-ils par exemple, dessiner des visages sans bouche ?
Alors comment faire ?  Que pouvons-nous faire aujourd’hui pour qu’ils ne trouvent jamais normal de vivre masqués et d’avoir peur de l’autre, peur pour l’autre ? Certes les jeunes enfants voient chez eux leurs parents non masqués (enfin j’espère). Mais en dehors de chez eux, que leur montrer ?
J’en suis parfois à me demander s’il ne serait pas utile d’alterner différents modalités, « masqués en proximité », « sans masque derrière une vitre », voire « par écran interposé », pour raconter des histoires, lire des livres, parler, chanter.  Une idée farfelue. Et pourtant : qu’en pensez-vous ?
Comment pouvons-nous créer des occasions pour que les enfants nous voient suffisamment souvent non masqués ?

De plus en plus de professionnels me racontent des réactions des enfants devant les masques : peurs, pleurs, gestes pour les enlever. Tant mieux que ces enfants réagissent ! J’ai aussi vu des enfants étonnés de me voir avec un masque transparent : serait-ce par ce que j’étais alors la seule dont ils voyaient la bouche ?
Je fais également l’expérience tous les jours d’être en relation avec des stagiaires en formation, sans pouvoir voir leurs mimiques, leurs expressions. Et même au bout de quelques jours, j’ai l’impression de ne pas les connaître.  Je ne les reconnais pas si je les croise sans leur masque.
Le masque a des effets réels sur la relation. J’espère que nous saurons faire en sorte qu’il ne devienne pas une normalité.
 


Le tact et la fonction soignante, Entretien avec le Dr Oury... ou la question de la complexité...

Le 19 novembre 2020

Entretien avec le Dr Oury réalisé par Nazim Djemaï

 



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