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Entretien avec Pierre Delion : " Comment soutenir les parents d'enfants difficiles ?"

Le 18 février 2020

Pour soutenir les parents qui sont en difficulté avec leur enfant, le professionnel va créer avec les parents un "cercle" autour de cet enfant décrit comme difficile. Dans un premier temps, réfléchir au sens des comportements de l'enfant : quels sont les moments les plus critiques ? Quels sont ceux qui à l'inverse se passent bien ? Qu'est ce qui apaise l'enfant ? C'est à travers ce nouvel éclairage, cette nouvelle grille de lecture, que les parents vont pouvoir renouer le contact avec leur enfant et penser à ce qui lui fait difficulté, y compris dans leur relation.

Dans un second temps, en fonction de la difficulté identifiée - éducative, ou psychiatrique - une réflexion pourra s'ouvrir sur l'aide la plus adaptée à lui apporter.

Entretien réalisé lors du 7ème congrès européen de l'A.E.P.E.A. : "Corps à corps. Souffrances du corps et travail psychique chez le bébé, l'enfant, l'adolescent, la famille et les soignants" tenu à Bruxelles en mai 2014.

 

Comment soutenir les parents d’enfant difficile, retour sur l'entretien vidéo avec Pierre Delion pédopsychiatre et psychanalyste

Dans notre profession de psychomotricien, il est important d’accompagner les parents avec leur enfant. Une réflexion en lien avec notre formation continue de psychomotricien délivrée par l’équipe d’S’pass Formation : « Enfant(s) et parent(s) en Thérapie psychomotrice ».

 

Créer un cercle autour de l’enfant pour comprendre et aider

Tout d’abord je pense qu’il faut essayer de faire cercle autour de l’enfant difficile avec les parents. Non pas dans une stigmatisation de leur enfant qui leur rend la vie si difficile, mais un cercle dans lequel on va penser. Créer une sorte de premier groupe, dans lequel on va penser que ce comportement de l’enfant est l’expression de sa souffrance.

Dans un premier temps, il s’agit d’accueillir cette difficulté non pas comme étant comme quelque chose qui nous est adresser sur le mode agressif et qui rend les relations difficiles. Mais plutôt une difficulté qui nous est adressée comme une main tendue pour aider l’enfant, alors que quelque fois l’enfant lui-même ne sait pas qu’il a besoin d’aide.

Les parents en général, qui sont avec un enfant difficile, sont pris par une culpabilité intensive, en se demandant « pourquoi notre enfant nous fait vivre ces choses-là ? ». Et s’ils restent dans cette culpabilité, cela ne va pas aider l’enfant. Il faut essayer de transformer cette culpabilité en quelque chose qui serait la responsabilité des parents avec les gens qui viennent consulter, pour aider leur enfant à sortir de ces difficultés.

 

Transformer la difficulté de l’enfant pour pouvoir agir

Ce 1er cercle va être une sorte d’usine à transformer la difficulté de l’enfant en un signe « aidez-moi parce que moi je n’y arrive plus tout seul ». Ce petit laboratoire qu’on va construire avec les parents sera une surface de travail, pour essayer de penser, de comprendre depuis quand c’est survenu, à quelle fréquence, à quelle amplitude et dans quelle circonstance particulière cela survient ou au contraire cela s’apaise

Ce cercle va permettre de faire une 1ere étude d’observation de ces phénomènes avec les parents pour essayer de comprendre avec eux quelle dynamique sous-jacente à cette difficulté de l’enfant. On se rend compte à ce moment là que les parents rentrent dans un autre processus qui est, non plus d’écrier leur enfant qui est difficile, mais se poser des questions sur « comment peut-on transformer cette difficulté en souffrance et cette souffrance en quelque chose sur lequel on va pouvoir agir ».

 

Enfant difficile VS enfant concerné par une pathologie pédopsychiatrique

Dans un 1er temps pour tous les enfants qui seraient des enfants dit difficiles parce-que le système éducatif n’est pas suffisamment limitant. Les parents vont se poser des questions sur leur attitude éducative générale et sur ce qui peut être changé pour aider leur enfant à mieux se repérer par rapport aux limites.

Dans un 2eme temps, pour les enfants qui sont concernés par une difficulté en rapport avec une pathologie pédopsychiatrique, ne pas hésiter à se faire aider par des gens qui sont spécialisés dans ce domaine. Ils vont faire un lien entre la difficulté, les symptômes et les possibilités de prise en charge de cette maladie. Les parents vont aussi avoir un rôle d’aide mais dans ce second cas, parce que l’enfant tout seul ne peut pas sans sortir, il a absolument besoin de ses parents.



Devoir de discrétion et secret professionnel : quelle différence ?

Le 16 février 2020

Réponse en vidéo avec Claire MEERSSEMAN, psychologue clinicienne, psychothérapeute et thérapeute familiale.

 

Quelle différence entre le devoir de discrétion et le secret professionnel ? A qui ou à quelle profession cela s’applique ?

Claire Meersseman, répond à cette question et nous éclaire sur cette différence, parfois mince et difficile à cerner selon certaines situations que l'on peut rencontrer en tant que psychomotricien.

Différence selon la profession

En fait, le législateur a choisi de faire une différence entre les deux en fonction du type de profession que l’on exerce.

Si je suis un enseignant par exemple, ma mission est de transmettre un savoir aux enfants et la confidence n’est pas nécessaire pour exercer mon métier. Même s’il est logique que les enfants vont se confier à moi dans ma fonction d’enseignant, je n’ai pas un rôle d’aide de l’enfant directement. La difficulté de l’enseignant est de recevoir des confidences des enfants, d’avoir un devoir de discrétion et de voir à qui il va pouvoir transmettre l’information si l’enfant est en difficulté. Et de référer quelque chose lié à la problématique de l’enfant, à des professionnels soumis au secret professionnel.

L’une des grosses différences c’est, que ce soit un assistant social, un psychologue ou un médecin, ne pourra recevoir des confidences uniquement parce qu’il garantit le secret professionnel. Et il ne pourra partager avec d’autres personnes, que s’il en a préalablement discuté avec le patient et qu’il a évaluer la situation nécessaire.

C’est très différent d’être dans une profession qui a besoin du secret professionnel pour exercer et recevoir des confidences, ou d’être dans une profession qui n’a pas besoin de ce secret pour exercer ce métier. Mais la frontière peut être difficile à cerner et si on a un doute par rapport à cela, il faut se référer à des personnes qui ont connaissance et qui peuvent répondre à toutes ses questions autour du secret professionnel.

Différence au niveau de la législation

Une autre des grandes différences, est que le devoir de discrétion est inscrit dans le code civil et qu’il n’y a pas de peine si je ne respecte pas. Tandis que le professionnel soumis au secret en a l’obligation et doit en rendre compte au niveau pénal et peut encourir des peines s’il ne respecte pas le secret.

Ce qui explique parfois la difficulté de collaborer entre des personnes non-soumises au secret professionnel (un enseignant, une aide familiale) et des personnes soumises au secret. A ce moment-là, il est important d’en discuter avant de partager des confidences soumises par le secret.



Journée les Formateurs, le 18 janvier dernier

Le 07 février 2020

Une dizaine de formateurs étaient présents lors de cette journée de rencontre, travail et échanges autour de la question : "Qu'est-ce qu'être formateur aujourd'hui, au regard de l'actualité professionnelle et des attentes des stagiaires ,"

Journée riche d'échanges et de partage d'expériences, où nous avons aussi présenté la réforme de la formation continue que nous allons préparer cette année afin d'obtenir la certification Qualiopi, afin de garantir encore plus la qualité de nos formations.

 

               

 

1ère journée qui sera suivie d'autres...



Syndrome du bébé secoué : comment le repérer et l'éviter ?

Le 28 janvier 2020

Le syndrome du bébé secoué ou SBS préoccupe de plus en plus les autorités de santé. Voilà pourquoi le nouveau carnet de santé 2018 comprend une page sur le sujet. Pour l’éviter, la prévention est la clé. Une prévention qui s’adresse aux familles bien sûr mais aussi aux professionnels de la petite enfance, tant pour eux-mêmes que pour s’en faire l’écho auprès des parents des enfants qu’ils accueillent. Le point avec Anne Laurent-Vannier, médecin, à l’origine des recommandations aux professionnels sur le diagnostic du SBS promues en 2011 par la Haute Autorité de Santé et actualisées en 2017.

                     bébé secoué

Retrouvez toutes les informations en suivant le lien des "Pros de la petite enfance" :             

https://lesprosdelapetiteenfance.fr/bebes-enfants/sante-prevention/dossiers-santeprevention/syndrome-du-bebe-secoue-comment-le-reperer-et-leviter



Lettre d’information de l’Appel des appels - Janvier 2020

Le 17 janvier 2020

 

Lettre d’information de l’Appel des appels.

 

Chers amis et signataires, de l’Appel des appels,

Vous trouverez ci-dessous quelques informations sur nos activités et sur divers sujets.

 

1. Table ronde de l’Appel des appels

 

10 ans après : que faire ?

après midi-débat

le 8 février 2020

14h - 17h

institut protestant de théologie

83 bd Arago 75014

(métro : Saint Jacques ou Denfert-Rochereau)

animée par Roland Gori et Patrick Conrath


 

Entrée libre

Attention : nombre de places limitées ; s’inscrire préférentiellement à l’adresse mail de contact (contact@appeldesappels.org)



Avec :

Charles Silvestre, journaliste
Dominique Terres, psychiatre,
Julie Caupenne, professeur  de lettres

Fabrice Leroy, psychologue  et maître de conférence
Christiane Henry, travailleuse  sociale,
Marie-José Del Volgo, Maître de conférences et praticien hospitalier honoraire
Michel Chauvière, directeur de recherches émérite, CNRS



Dix ans après l’Appel des appels, nous ne pouvons plus nous contenter d’une pétition éthique, d’une alerte sociale et culturelle. Nous mettions alors en garde sur la « casse » des métiers du soin, de l’enseignement, de la recherche, du travail social, de la justice, de la culture et de l’information. Soumis à une logique purement gestionnaire et technocratique de leurs finalités, les actes de nos métiers se trouvaient pervertis par les nouvelles formes d’évaluation calquées sur le management d’entreprise. Depuis notre appel, rien n’est venu discréditer notre analyse qui a pris corps dans l’opinion.
Nous ne voulons plus de cette « casse » des services publics qui accroît les déserts et livre les citoyens à toutes sortes de prédateurs, marchands, sectaires ou terroristes. Pour cela, il nous faut maintenant des actes. Les services rendus par nos postiers, nos soignants, nos policiers, nos magistrats, nos enseignants, nos chercheurs, nos journalistes… ne doivent plus être placés sous la curatelle technico-financière du profit immédiat, monétaire et à court terme.
Il nous faut impulser à nouveau des réflexions collectives, redonner sens et cohérence à ce qui fonde notre existence, ensemble, intervenants de secteurs professionnels divers, intervenants et participants.

 

2. Lettre ouverte au président du groupe larem à l’assemblée nationale. Indignation pour la psychanalyse

 

Texte collectif

Nous portons à votre attention notre étonnement quant à l’engagement d’une députée LaREM en faveur d’un groupe de pression réclamant que soient exclus des tribunaux, des hôpitaux et des universités la totalité des psychiatres et des psychologues se référant à la psychanalyse.

Nous avons en effet été stupéfaits de constater que Mme Martine Wonner, députée de la 4e circonscription du Bas-Rhin, membre de la commission des Affaires sociales, a apporté son soutien à une tribune stigmatisant des citoyens, professionnels du soin, enseignants, chercheurs, tous acteurs engagés de la vie sociale ; une pétition loin de ce que les citoyens doivent pouvoir attendre de leurs représentants chargés de faire évoluer et de moderniser dans la sérénité les lois qui régissent leur pays. Soucieux de voir garantie la qualité des débats qui présideront à l’amélioration du fonctionnement de nos tribunaux, de nos hôpitaux et de nos universités, nous nous tournons vers vous pour vous demander de nous rassurer quant aux options que retiendra à l’avenir le groupe parlementaire que vous présidez et vous prier instamment de veiller à en écarter tous les porteurs de discours de haine et d’exclusion, comme les colporteurs de ragots et de discours archaïques d’un temps qu’on pouvait croire révolu. Nous souhaitons d’autant plus vous entendre prendre clairement parti pour l’échange intelligent, serein, objectivement et scientifiquement documenté et démocratiquement mené, que, manquant à ce même devoir, le ministre de l’Éducation nationale a installé un Conseil scientifique de l’éducation nationale duquel les représentants de plusieurs spécialités (dont les sciences humaines non numériques) ont été exclus sans explication ni justification scientifique.

Votre groupe parlementaire ne devrait-il pas s’inscrire dans une démarche plus démocratique que ne le sont ce genre d’initiatives si peu respectueuses des intérêts sanitaires nationaux ? Ne conviendrait-il pas d’en informer nos concitoyens ? Mme Martine Wonner peut-elle légitimement conserver ses fonctions de vice-présidente des groupes d’études de la « Lutte contre les addictions » et de la « Pauvreté, précarité et sans-abri » – tous deux fléaux relevant d’approches soignantes multiples – alors qu’elle se montre publiquement juge et partie ? C’est dans l’attente de vos réponses que nous nous engageons dès à présent à transmettre celles-ci aux membres des associations que nous représentons, comme aux 32 000 citoyens qui ont signé en un mois la pétition s’indignant de celle que Mme  Wonner a soutenue.

Premiers signataires : Alain Abelhauser, président du Séminaire inter-universitaire européen d’enseignement et de recherche en psychopathologie et psychanalyse, Michèle Benhaim, professeur des universités, psychanalyste, Pascal Boissel, psychiatre, psychanalyste, président de l’Union syndicale de la psychiatrie, Hervé Bokobza, psychiatre, membre fondateur du Collectif des 39, Sébastien Firpi, psychologue clinicien, Roland Gori, professeur honoraire de psychopathologie des universités, psychanalyste, président de l’Appel des appels, Danielle Lévy, pédopsychiatre, psychanalyste, membre du Collectif des 39, Paul Machto, psychiatre honoraire des hôpitaux, psychanalyste, membre fondateur du Collectif des 39, Céline Masson, présidente de l’Association française de recherche sur les processus de création, Marie-Jean Sauret, psychanalyste, Claude Schauder, psychologue clinicien, président de l’association Lire Dolto aujourd’hui.

 

Suite à l’absence de réponse de Gilles Le Gendre, président du groupe parlementaire LREM, un deuxième courrier collectif lui a été adressé :

 

Monsieur G. Le Gendre

Président du Groupe REM

 

Monsieur le Président,

La lettre que nous vous avons adressée  le 12.12.2019 est restée sans réponse de votre part. Sans que nous puissions en connaitre les raisons, cette absence de réponse nous semble témoigner un mépris incompréhensible à l’égard des citoyens.

 

Nous ne faisions qu’attirer votre attention sur l’engagement d’une députée LREM  en faveur d'un groupe de pression réclamant que soient exclus des tribunaux, des hôpitaux et des universités la totalité des psychiatres et des psychologues se référant à la psychanalyse. Cette politique de discrimination et d’exclusion, constituant comme juge et partie une élue de votre Groupe en charge de Commissions parlementaires, nous paraissait inquiétante et nous souhaitions être rassurés. Nous nous permettons de la joindre à nouveau à ce courrier.

 

En outre et depuis, la situation a  quelque peu évolué : le nombre de signataires d’une pétition s’indignant des propos et racontars du texte soutenu par Mme Wonner  (http://chng.it/VsrmkfJjjX) a désormais dépassé 35 000 signatures et,  parmi d’autres [1], le Professeur  Patris, à qui  Mme Wonner  doit sa qualification de psychiatre, lui a fait part de sa réaction. Dans cette lettre ouverte [2] celui-ci lui rappelle  quelques vérités historiques et les conséquences dramatiques des préjugés, anathèmes et propos haineux dont la psychanalyse a déjà fait l’objet sous les régimes totalitaires. Il lui rappelle également les principes éthiques des praticiens et chercheurs en santé mentale dont l’élue de la République soucieuse du bien être de ses concitoyens devrait se souvenir.

En nous adressant à vous, nous souhaitons, Monsieur le Président, savoir si ce «dérapage» de Mme Wonner n’est qu'une malencontreuse initiative personnelle ou si sa position reflète la position de votre Groupe à l’endroit de nos professions et de nos références théoriques.

Recevez, Monsieur le Président,  nos respectueuses  salutations,

 

Alain Abelhauser, professeur des Universités (psychopathologie clinique), président du Séminaire Inter-Universitaire Européen d’Enseignement et de Recherche en Psychopathologie et Psychanalyse (SIUEERPP),  psychanalyste

Michèle Benhaim, professeur des Universités, psychanalyste

Pascal BOISSEL, psychiatre, psychanalyste, président de l'Union syndicale de la psychiatrie

Hervé Bokobza, psychiatre, membre fondateur du Collectif des 39

Sébastien FRIPI, psychologue clinicien, doctorant en psychanalyse et psychopathologie clinique, formateur en travail social, membre de l’Appel des Appels

Roland Gori,professeur honoraire de psychopathologie des Universités, psychanalyste, membre d’Espace analytique, président de l’Appel des appels.

Danielle Lévy, pédopsychiatre, psychanalyste, membre du Collectif des 39

Paul  Machto, psychiatre honoraire des Hôpitaux, psychanalyste, membre fondateur du Collectif des 39 

Céline MASSON, professeur des Universités, psychanalyste, présidente de l’Association Française de Recherche sur les Processus de Création

Marie-Jean Sauret, professeur  émérite des Universités, psychanalyste

Claude Schauder,  anc professeur assoc. des Universités, psychologue clinicien, psychanalyste, membre de l’Appel des Appels, président  de l’Association Lire Dolto aujourd’hui

A ce jour le Président LE GENDRE n’a pas daigné répondre à nos deux courriers. Par contre, de multiples sources nous apprenons la diffusion d’une lettre adressée à une de nos collègues dans laquelle il se démarque de l’initiative personnelle de Mme Wonner en reconnaissant les services et la place de la psychanalyse.

 

3. Courrier de Claude Schauder au Canard Enchaîné.

 

Cher Canard,

C’est un peu dommage que vous ayez jugé bon de « surfer sur la vague » de la condamnation unanime et légitime de Mr G. Matzneff en reprenant à votre compte ce vieux procès fait et refait à Dolto au sujet de certaines des phrases tirées d’une de ses interviews et qu’on retrouve dans « L'enfant, le juge et le psychanalyste », ouvrage paru en 1999 et qu’elle n’avait pas relu. (Elle était morte depuis 11 ans !). Regroupées, tronquées et extraites de la sorte de leur contexte, les réponses qu’elle donne à certaines des questions posées peuvent sans doute prêter à confusion pour qui ignore qu’elles portent sur certains des processus psychiques et sur des désirs inconscients à l’œuvre chez l’enfant. Laisser entendre que pour elle l’enfant est responsable de cette libido (dont elle a su parler et dont elle a permit qu’elle soit reconnue et respectée) relève d’un grave contre sens dont les conséquences peuvent être dramatiques.

Vous rappelez d’ailleurs à juste titre qu’en 1977 Dolto avait condamné avec la plus grande fermeté l’initiation sexuelle des enfants et des adolescents par les adultes et les traumatismes que ces actes entraînaient.

Qui connaît son œuvre, ne serait-ce que superficiellement, sait ce que Dolto a pu apporter aux enfants d'hier et …d'aujourd'hui et combien étaient loin de ses pensées ce dont certains l’accusent ici.

Notons à propos de ces accusations injustes et perfides qu’elle comme d’autres psychanalystes sont actuellement l’objet que celles-ci posent des questions à notre société sur lesquelles je voudrais attirer votre attention et qui devraient intéresser vos lecteurs préoccupés par l'avenir de notre démocratie : de quoi la position du parti des REM à propos de l’interdiction faite aux psychanalystes d’exercer, aussi bien en tant que soignant dans les hôpitaux, comme expert dans tribunaux et comme enseignant dans les universités, que certains d’entre eux réclament à corps et à cris, est-elle la préfiguration ?

De quoi ces « Berufsverboten » (interdiction d’exercer une profession) de sinistre mémoire, que ceux-ci appellent de leurs vœux sont-elles le nom et que nous annoncent-elles en matière de « normalisation » des champs de l’enseignement, de la recherche, du droit et de la santé ?

Et puis, comment interpréter le refus du président du Groupe parlementaire des REM de désavouer les propos de la députée de la 4e circonscription de Strasbourg, Mme Wonner, qui signe des pétitions pleine de violence exigeant ces exclusions et qui les justifie en se réclamant indûment de la science là où il n’y a que scientisme, racontars et malveillance ?

Voilà les questions auxquelles je vous suggère, Cher Canard, de vous intéresser à présent, ne serait-ce que pour ne pas être soupçonné de hurler avec les loups de la pensée unique et de la haine de l’autre qui ne détestent rien autant que ce que représente la psychanalyse.

C’est en tous cas dans cette perspective que je vous fais suivre, Cher Canard, en pj de la présente, les courriers que nous avons fait parvenir à Mr G. Le Gendre et restés à ce jour sans réponse.

Je me tiens, bien évidement à votre disposition pour d’autres informations et vous adresse mes biens sincères salutations,

Claude SCHAUDER

Président de l’Association Lire Dolto aujourd’hui

 

4. Journée d’étude : Michel Foucault, Vérité et Jeux de Vérité

Mercredi 12 février | 10h-17h

MAISON DES SCIENCES DE L’HOMME D’AQUITAINE

10 Esplanade des Antilles, 33607 Pessac

 

Cette journée vise à répondre plus particulièrement à :

1. La question d’un « régime historique de la vérité »

Chez Foucault, la recherche d’une métaphysique de la « vérité » s’oppose de manière radicale à la question d’un « régime historique de la vérité », c’est-à-dire des règles historiquement instituées pour la saisir. La conception de la notion de vérité par Foucault vise à constituer une ontologie de l’actualité. Toute l’œuvre de Foucault est travaillée par cette conception de la vérité qui met en tension une position irréductible à l'individu qui la formule, et à la fois assujettie aux jeux de pouvoir historiquement actifs dans le « présent » des « vérités » qui nous constituent.

 

2. La notion de résistance subjective des singularités

La Généalogie des dispositifs de pouvoir concerne :

• Les pratiques de domination et les formes de gouvernement

• La structuration des processus de subjectivation, désignant la manière dont le sujet fait l’expérience de lui-même dans un jeu de vérité.

 

3. La question de la discursivité

La discursivité doit être pensée dans sa spatialité, dans sa dimension scénique (scène de la vérité). Dès lors, il faut s’attacher du point de vue d’une histoire de la vérité prise dans le mouvement vivant des « jeux de la vérité », à penser le rapport au corps qu’un sujet entretien comme « être parlant » dans l’énonciation d’une parole singulière.

 

5. Université populaire du Musée du Quai Branly-Jacques Chirac

 

En décembre 2019, après 13 saisons d’Université Populaire, la philosophe et romancière Catherine Clément a clôturé la programmation éclectique et ambitieuse qu’elle avait initiée dès l’ouverture du musée en 2006. A partir de janvier 2020 une nouvelle programmation de conférences conçue par Olivier Bétourné, éditeur et historien, s’ancre dans l’actualité autour de trois cycles :

Où va le monde ?, Penseurs d’hier et d’aujourd’hui et Grands entretiens.

Entièrement gratuites, les conférences se déroulent en deux temps : une présentation d’une heure par un spécialiste à 18h30, suivie d’un temps d’échange et de dialogue avec le public.

 

6. Université Populaire du Toursky : Soigner en milieu psychiatrique.

 

Jeudi 6 février 2020 à 19h, salle Léo Ferré.

Avec Jacques Hochmann, Hélène Fresnel, Roland Gori, Marie-José Del Volgo & Richard Martin

 

CYCLE « SOIN, CULTURE ET DÉMOCRATIE »

Présenté par Roland Gori, Marie-José Del Volgo & Richard Martin

 

Dans une société qui promeut l’excellence, la performance, la conception d’un individu auto-entrepreneur de lui-même, le soin ne cesse d’être relégué à une place secondaire. Serait-il devenu superflu ? Pourtant dans une culture de soi et des autres, le prendre soin n’est- il pas l’une des conditions premières d’une démocratie vivante, soucieuse de former des citoyens responsables ?

 

Ce cycle consacré au soin dans ses liens avec la culture et la démocratie, entend réhabiliter sa place essentielle dans notre société. Faute de quoi, ne risquons-nous pas de perdre chaque jour davantage notre âme et le sens de notre vie ?

 

7. Colloque : "L'école privée de public ?"

 

« Le devoir de curiosité est urgent ces temps-ci. Antoine Vitez »

Vendredi 7 février 2020

Matin et Après-midi : salle des conférences de l’INSPE du Mans

Soiréé : cinéma le Colisée 11 rue du Port Le Mans

 

Vendredi matin

1) L’École publique reste notre avenir

Des militants pédagogiques dans l’école publique

9h table ronde animée par Philippe Meirieu

 

GFEN, ICEM

Présentations, démarches, échanges croisés. Des formes d'engagement collectif pour une alternative pédagogique.

Catherine Noyer présidente de la Fédération des Etablissement Scolaires Publics Innovants, Lycée expérimental de Saint Nazaire, Lycée Autogéré de Paris, Collège Lycée Expérimental d’Hérouville Saint Clair.

Histoire de l'expérimentation publique. Actualité.

Résister au libéralisme et au caporalisme

10h30 table ronde animée par Philippe Meirieu

Philippe Champy. La liberté pédagogique mise en péril

Sébastien Urbanski. L’idéologie du marché à la manœuvre sur l’école.

Thibaut Ackermann de l'Appel des Appels. Après le soin, la justice, le social, accélération sur l'école du Nouveau Management Public.

 

Vendredi après midi

2) Résister, combattre… et construire l’école publique

14h Conférence. Gérard Aschieri : le statut de la fonction publique condition de la liberté pédagogique et de l'alternative progressiste

15h Conférence. Paul Devin : dialectique de la liberté pédagogique et de l’intérêt général

16h Conférence. Philippe Meirieu : De l’Education nouvelle à Pisa et aux neurosciences : quels combats ?

 

Vendredi soir

3) Écoles alternatives ou alternative pour l’école ?

19h30 Projection au cinéma Le Colisée (6€50) : « Être plutôt qu'avoir », film d'Agnès Fouilleux.

21h Débat avec la salle, les intervenant-e-s de la journée, en présence de Philippe Meirieu (intervenant dans le film).

22h Synthèse, Philippe Meirieu.

 



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