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Cerveau, sensorialité et développement

Le 22 mars 2021

Nos yeux voient, nos mains touchent, nos oreilles entendent, notre corps sent le mouvement, nos cerveaux traitent et perçoivent différemment ces informations, avec chacun nos singularités.


Voici une vidéo réalisée par l’une de nos formatrices, Monique Busquet, psychomotricienne, en association avec Crapa’hutte. 


Cette vidéo nous explique l’importance de notre sensorialité et de la considération qu’on accorde à nos enfants et au monde qui nous entoure. Cette vidéo sur le cerveau, la sensorialité et le développement fait écho à nos formations continues en psychomotricité

Formation : Enfant(s) et parent(s) en Thérapie Psychomotrice 

Formation sur les Médiations psychocorporelles dans la thérapie avec les adolescents

Les jeux d'eau dans les troubles de l’intégration psychomotrice

Formation : La psychomotricité au service du bébé prématuré et de ses parents

Notre vie est sensorielle, notre vie est sensation en permanence. Nous recevons des sensations, visuelles, des odeurs, des goûts, des sons, des sensations sur notre peau, des sensations de mouvement.


Des sensations externes 

Nous sommes équipés de différents récepteurs sensoriels dits externes, qui captent les informations provenant de notre environnement, la peau, le nez, la langue, les oreilles, les yeux. 


Des sensations liées au mouvement (Kinesthésiques) 

Nous avons également des récepteurs internes liés au mouvement dans nos articulations et muscles. Ils nous informent des mouvements de notre corps. D’autres récepteurs se situent dans l’oreille interne, ils captent notre position par rapport à la verticale. Ils permettent de nous situer dans l’espace et de nous équilibrer.


Un lien entre nous et l’environnement 

Cette sensorialité est un lien entre nous et l’environnement. Ce que nous percevons nous permet d’appréhender notre environnement dans lequel nous sommes, et nous informe sur ses caractéristiques.
Nous apprenons ainsi à connaitre notre corps, ses possibilités, ses postures, ses mouvements et ses gestes. Nous pouvons alors agir, réagir, nous adapter.

Les informations sont reçues par les différents récepteurs. Le cerveau traite et analyse la qualité de réception des sensations, l’analyse qui en est fait est un des socles d’un mouvement juste. Par exemple, verser de l’eau dans une tasse nécessite de percevoir où est cette tasse, où est la théière ? Quel est son poids ? etc. 
D’analyser ses sensations et ensuite seulement, d’organiser, de penser son mouvement à faire en fonction de ce que je ressens. 
De même, quand je soulève une chaise, je me suis déjà fait une idée de son poids et parfois je peux être surpris, le poids n’est pas celui que j’avais prévu. 


Des sensations et des émotions en mémoire

Depuis notre naissance nous traitons les informations, nous les enregistrons, nous les comparons avec ce que nous avons déjà en mémoire. Elles sont associées aux émotions qui les accompagnent. A tout âge, à tout moment, en lien avec les sensations, nous ressentons des émotions. Un mélange de moments présents et de moments mémorisés, agréables, désagréables, plaisirs, déplaisirs.

Et vous ? Qu’aimez-vous ? Que trouvez-vous d’agréable ? Que trouvez-vous de désagréable ? Le bruit de la craie, bruit d’un aspirateur, comment supportez-vous les embouteillages, des bruits de voiture, la foule, l’agitation, la sensation du sable, de l’eau, du froid, de l’herbe ? Agréable ou désagréable ? Le cerveau a également des réglages différents.


Le cerveau : des réglages différents 

Nous sommes donc tous différents dans la façon dont nous percevons. Ainsi, la princesse au petit pois qui perçoit un petit pois sous 10 matelas. Certains enfants ne supportent pas la laine qui gratte ou bien encore le pli de la chaussette, l’étiquette qui gratte, le grumeau dans la purée, le bruit environnant. 
D’autres au contraire, sont en recherche de sensations plus fortes, de contact appuyé, de poids sur leur corps, de sensation de mouvement, de jeu d’équilibration. Peut-être reconnaissez-vous, votre enfant ou vous-même dans ces exemples ? De quoi vos bébés ont-ils besoin ? 


Plasticité cérébrale et explorations sensorielles 

Les nombreuses connaissances sur la plasticité cérébrale nous ont appris l’importance de proposer aux bébés des environnements sensoriels suffisamment riches et variés. Chaque expérience sensorielle que fait un bébé vient construire des connexions entre les neurones de son cerveau et vient ainsi enrichir son réseau neuronal, d’où l’importance de proposer à votre bébé du suffisamment varié : à toucher et à être touché, à entendre, voir, goûter, bouger pour enrichir son répertoire. Lui proposer, lui mettre à disposition, mais sans lui imposer. Lui permettre d’aller vers, d’initier son propre mouvement, de donner son accord à ce que vous lui proposez.

 
Pour tous, enfants comme adultes, la sensation est vraiment très différente si on choisit soi-même d’aller vers, de façon active ou si l’on subit l’action de l’autre. Par exemple devant un jet d’eau ou devant le flux d’air d’un sèche-cheveux.
Les bébés ont également besoin d’un environnement qui les protège du trop fort, du trop bruyant, du trop intense. Ils ont besoin que les adultes leur construisent comme une bulle protectrice, un cocon.

Qu’ils soient comme un filtre de ce qui vient de l’environnement, pas trop fort, pas trop intense, pas trop bruyant et suffisamment cohérent. 
Que ce soit par les bras, la présence des paroles, par une attention à cet environnement, par un ajustement à ce que manifeste votre enfant. Également en proposant aux enfants de retrouver du suffisamment connu, du pareil, pour qu’ils puissent être sécurisés.


Observer ses enfants, expérimenter, prendre plaisir ensemble et ajuster

C’est donc l’occasion d’expérimenter et d’observer votre enfant. Repérez ses sensibilités : à quoi réagit-il ? Qu’aime-t-il ? Cela peut être différent de ce que vous-même vous aimez. Qu’est ce qui lui plaît, qu’est ce qui lui déplaît ? N’hésitez pas, vous pouvez expérimenter avec votre enfant, ajuster à ce qu’il montre

Faîtes-vous confiance !
 

 



Nouvelles dates pour Module 1 bis Formation "Graphomotricité : l'acte graphique dans l'organisation psychomotrice"

Le 12 mars 2021

Compte tenu du nombre de demandes d'inscription pour la formation "Graphomotricité : un acte psychomoteur", nous ouvrons un Module 1 bis, aux dates suivantes : du jeudi 23 au samedi 25 septembre 2021, à Paris (15ème).

 



Enquête : les effets du port du masque sur les jeunes enfants en lieux d’accueil collectif. Les Pros de la Petite Enfance

Le 04 mars 2021

Enquête : les effets du port du masque sur la communication et le langage

Au mois de décembre, nous avons diffusé un questionnaire sur l’impact du masque sur les jeunes enfants. Destiné à tous les professionnels de la petite enfance, il a été conçu par Anna Tcherkassof, chercheure en psychologie sociale sur la communication émotionnelle non verbale, au laboratoire LIP/PC2S de l’université Grenoble-Alpes, Monique Busquet, psychomotricienne-formatrice, Marie Hélène Hurtig puéricultrice – formatrice, Marie Paule Thollon Behar, psychologue et docteur en psychologie du développement. Dans ce nouvel article, Marie Paule Thollon Behar analyse les observations des professionnels ayant répondu au questionnaire en se focalisant sur ceux concernant sur la communication, la compréhension et la production de langage.

    Pour lire la suite de l'article sur les effets du port du masque sur la communication et le langage.

   
 

En tant que psychomotriciens et psychomotriciennes, la communication, la compréhension et la production de langage sont au cœur de nos formations. 
Depuis l’apparition du masque, nous constatons une évolution négative dans la compréhension lors de nos échanges en formation. Cet article fait écho à nos formations continues en psychomotricité

-    Le suivi du développement psychomoteur du jeune enfant 
-    L’apport du conte dans l’accompagnement thérapeutique de l’enfant et de l’adolescent 

Depuis le début de la crise sanitaire, certains professionnels de la petite enfance ont relevé des effets néfastes entre le port du masque et la communication et le langage avec les enfants.
Afin de mesurer ces retours de plus en plus nombreux, 592 professionnels de la petite enfance ont répondu et témoigné quant à l’impact du port du masque avec les jeunes enfants.
Marie Paule Thollon Behar analyse les observations des professionnels ayant répondu au questionnaire en se focalisant sur ceux concernant sur la communication, la compréhension et la production de langage.

En analysant les réponses, quelques professionnels, très peu nombreux, disent ne pas voir de différences avec le masque, du point de vue du langage
Les enfants font état d’un apprentissage habituel, ils comprennent et entendent correctement. Certains ont également appris à parler durant cette période et parlent très bien. Pour certains enfants c’est plus difficile mais cela l’aurait peut-être également été même sans le masque. 
D’après les retours de ces professionnels, les enfants s’appuient sur l’intonation et/ou l’intensité de la voix. Les professionnels disent avoir parfois recours à des stratégies pour faciliter les échanges avec les enfants : verbalisation des actions, être vigilant à articuler, être proche et à la hauteur des enfants lors des échanges ou encore l’utilisation de gestes.

Mis à part ces quelques témoignages, la plupart des professionnels indiquent certaines difficultés lors de leurs échanges avec les jeunes enfants.
Le masque a un impact sur la réception du langage, sur sa production mais aussi sur la qualité de l’attention des enfants et leur engagement dans les interactions

Plus d’interactivité sans le masque

Les évolutions majeures constatées par les professionnels de la petite enfance sont, le manque d’interactivité avec le masque, moins d’écoute et d’échange, moins bonne compréhension des messages et des consignes. Les enfants ne savent pas qui parle et il y a également moins de babils et de répétitions de mots.

Lorsque les professionnels ne portent pas le masque, ils observent une plus grande interactivité entre eux et les jeunes enfants. Sans le masque, les échanges sont plus nombreux, plus riches et plus longs. Il y a par exemple, lors du temps d’histoire ou du chant, plus de surprise dans les yeux des enfants, plus d’interactions et d’échanges. 

Moins d’écoute et d’échanges avec le masque

Alors que l’enfant est en cours d’acquisition de la structure dialogique de la conversation, qu’il découvre le monde par l’intermédiaire de l’adulte et qu’il entre dans la culture. Le manque d’interaction est préoccupant et peut avoir un impact sur le développement de la communication et du langage.

Un deuxième fait souvent relevé, est qu’il y a moins d’écoute et d’échange avec le masque. 
Les professionnels remarquent un manque d’écoute, d’attention et de réactivité. Les enfants sont par exemple moins réceptifs et passent rapidement à une autre activité. Ils peuvent parfois observer un manque d’intérêt des enfants, ils réagissent moins et ont parfois un visage inexpressif et fuient même le regard.  
Le masque crée une barrière et freine les échanges. Les enfants sont moins à l’écoute, moins réceptifs et répondent moins. À terme, le risque est que l’adulte produise moins de sollicitations auprès des enfants avec le manque d’interactivité de ces derniers. 
Pour remédier à cela, les professionnels parlent alors plus fort auprès des enfants. 

Lorsqu’ils enlèvent le masque, ils notent tout à fait l’inverse. Les enfants sont plus réceptifs et il y a plus d’interactions et de participations. Les enfants chantent par exemple beaucoup plus lorsque les professionnels ne portent pas le masque. 

Moins bonne compréhension des messages et des consignes

Avec le masque, les enfants comprennent moins bien le langage qui leur est adressé et font régulièrement répéter. Les professionnels de la petite enfance sont donc dans l’obligation de répéter, parler plus fort et parfois enlever leur masque. Ils observent alors une meilleure compréhension

Avec le masque, les expressions du visage font défaut

Il est plus difficile pour un enfant de comprendre ce qu’on lui dit sans l’expression du visage. Même si les mots sont compris et que l’intonation est bien présente, l’ordre contenu n’est pas saisi. Nous constatons alors que l’intonation et le contenu du message ne sont pas suffisants : il faut qu’il y ait aussi l’expression du visage.

Les enfants ne savent pas qui parle

Il est particulièrement difficile pour les jeunes enfants de repérer la personne qui parle lorsque plusieurs adultes sont ensemble. Pour faciliter la compréhension avec les enfants, les professionnels sont obligés de faire un signe de la main pour être reconnus comme le  locuteur. La conclusion tirée est qu’il est possible d’avoir des difficultés à repérer la personne qui parle explique en partie le manque d’attention analysé ci-dessus.
Du point de vue de la compréhension du langage, nous constatons donc que le port du masque est un obstacle sur trois aspects : le message en lui-même et sa clarté, sa fonction illocutoire, le repérage du locuteur.

Moins de babils et de répétition de mots

Les professionnels de la petite enfance relèvent le fait qu’il y a beaucoup moins de production de babils, de mots et d’imitations avec le masque. Certains jeunes enfants ne réussissent pas à répéter des mots simples comme voiture ou banane, sans le masque ces échanges reprennent.
Il est alors évident que la vision de la bouche permet aux s’enfants de s’engager dans des imitations et des répétitions de mots.

Besoin de voir la bouche 

Quand un professionnel s’adresse à un enfant, celui-ci semble chercher la bouche derrière le masque. Quand les professionnels enlèvent le masque, de nombreuses observations font état d’une fixation sur la bouche et le mouvement des lèvres. 


Le masque : un frein à l’acquisition du langage

Les recherches sur l’acquisition du langage montrent que la prosodie joue un rôle important dans son acquisition mais très peu de travaux sont publiés sur l’imitation des mouvements de la bouche.
Or, nous voyons aujourd’hui qu’avec le masque, le fait que la bouche soit non visible pénalise fortement la production de babils et la prononciation des mots sur les jeunes enfants. Cela donne alors l’impression que l’imitation est une condition de la production du langage. Il ne suffit pas d’écouter parler, il faut aussi regarder parler. De ce fait, l’absence de visibilité de la bouche explique aussi sans doute la plus faible attention des enfants.


L’enfant entre dans la communication et le langage par de multiples canaux qui se complètent. Il écoute des messages verbaux, il repère l’intonation, il imite, il produit des sons qui obtiennent ou pas une réponse. Mais aussi, il regarde le visage. 
Le masque a donc indéniablement un impact important sur les bases de la communication et du langage. Certes les jeunes enfants sont résilients et dans un environnement familial sollicitant, vont compenser les manques vécus à la crèche.
Mais certains enfants plus en situation de vulnérabilité comme ceux en situation d’handicap ou ceux qui ne parlent pas français chez eux auront plus de mal.

Les professionnels ont bien conscience des effets négatifs et tentent au maximum de se mettre à la hauteur des enfants, accentuer les mimiques du haut du visage, articuler… et parfois, baisser leur masque, afin d’améliorer la communication et l’acquisition du langage. 

Quelle solution pour contrer ces effets ? 

Il est donc évident que le masque à des effets répercutants sur les enfants et jeunes enfants durant leur apprentissage
Les professionnels de la petite enfance et psychomotriciens qui travaillent avec les enfants rencontrent davantage de difficultés avec le masque en ce qui concerne la communication, la compréhension et la production de langage avec les enfants. 
Comme nous le suggère Marie Paule Thollon Behar, le masque inclusif pourrait remédier à l’absence de visibilité de la bouche et ce manque que ressente les enfants. 

 

 



Report Dates de Formation "Médiations psychocorporelles dans la thérapie avec les adolescents"

Le 02 mars 2021

Au regard du contexte sanitaire actuel, nous nous voyons dans l'obligation de reporter la formation :

"Médiations psychocorporelles dans la thérapie avec les adolescents"

         

  • Le Module 1, prévu début avril,  aura lieu du jeudi 3 au vendrdi 5 juin 2021, à PARIS

  • Le Module 2, prévu en juin, aura lieu du lundi 25 au mercredi 27 octobre, à PARIS

 

Il reste encore quelques places, n'hésitez pas à vous inscrire : https://www.s-passformation.fr/nos-formations-extra-muros/les-specifiques/mediations-psychocorporelles-dans-la-therapie-avec-les-adolescents

 



Livre : Adolescence en temps de Covid-19 entre crise-passions et crispations.

Le 16 février 2021

Public : Professionnels

Auteur : Aurore Mairy

EN COURS DE DIFFUSION 

La crise de la Covid-19 fait surgir de nombreuses crispations dans le social, tout comme chez les adolescents, et les passions ébranlent et troublent de toutes parts. Ce contexte révèle la singularité de chaque adolescence et souligne la fonction structurante du social dans le passage adolescent. La crise, qu’elle soit sanitaire ou d’adolescence, est par essence un moment potentiellement générateur de changement et de renouveau. Ce texte rappelle l’utilité d’un discours d’autorité (de celle qui peut autoriser et rendre auteur), l’importance de points d’appui extérieurs à la famille, le besoin de vivre les expériences des premiers émois, la nécessité de trouver du sens pour s’orienter… autant d’enjeux rencontrés par les adolescents. L’auteure expose combien l’adolescence est un moment d’inventivité inédite qui requiert le soutien du support social en relais de la famille, et invite chaque professionnel dans cette place de révélateur.

 

SOMMAIRE    

Que révèle la crise de la Covid-19 du passage de l’adolescence et de la fonction du social dans ce passage ? 

  • Entre crise-passions et crispations, les effets dans le social et les effets pour les adolescents .

  • Mise en veille des émois

 Le temps, la temporalité et la crise

  •  Quelle différence entre le temps et la temporalité ? .

  • Qu’est-ce que la crise ?

 Les différents temps de la pandémie

  •  Pandémie de la Covid-19 au premier temps du confinement

  •  Covid-19 au deuxième temps du confinement

  • Covid-19 au premier temps du déconfinement

  •  Covid-19 au temps du déconfinement avec ses tâtonnements

  •  Covid-19 au temps d’un déconfinement reconfiné et d’un confinement déconfiné

Covid-19 et comment faire consister le social dans sa fonction d’appui au passage de l’adolescence ?

  • Le lieu privé comme un espace d’échanges

  • Le lieu social de l’école  

  • L’altérité et le lien social

  • Ce qui fait rite

  • Le lieu d’accueil et d’adresse pour nommer

À quel temps conjuguer « l’aujourd’hui » au temps de Covid-19 ?

Bibliographie

Suivez le lien : https://www.yapaka.be/livre/livre-adolescence-en-temps-de-covid-19-entre-crise-passions-et-crispations

 



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