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Plateformes pour enfants présentant des « troubles du neurodéveloppement » Article d'Anne Delègue, psychologue

Le 10 avril 2020

Le dispositif de santé mentale pour les enfants présentant des difficultés psychiques et développementales - la 2ème ligne des soins (pédopsychiatrie publique, structures médico-sociales, professionnels libéraux et du secteur sanitaire), maillage territorial construit depuis les années 1970 avec la politique de secteur - n’est plus suffisamment soutenu et renforcé par les pouvoirs publics. On constate des réorganisations, des fusions ou des suppressions de structures, le grignotage de postes, des équipes ne pouvant pas fonctionner correctement sans pédopsychiatres, en nombre insuffisant (des chaires de pédopsychiatrie sont vacantes, la formation des pédopsychiatres qui devrait être large et plurielle est en souffrance). D’où de trop longs délais d’attente et des difficultés de prises en charge dans de nombreux territoires.

Le gouvernement a demandé aux ARS de mettre en place des Plateformes d'Orientation et de Coordination (aussi appellé des POC ou PCO), nouveau « maillage territorial » organisant un « parcours de bilan et d'intervention précoce » adressé aux enfants de moins de 7 ans avec des « troubles du neurodéveloppement » (« TND »). 

Le parcours permet l’obtention d’un « forfait précoce », remboursement en libéral de bilans et rééducations auparavant non remboursés. Les médecins de 1ère ligne (généralistes, pédiatres, PMI, scolaires) doivent orienter les enfants susceptibles de présenter des « TND » vers ces plateformes, via un « formulaire d’adressage ». Les signes d’appel sont nombreux : difficultés de langage, de motricité globale et fine, de cognition et de socialisation, ainsi que du comportement, problématiques dont le dispositif de santé mentale existant assure traditionnellement la prise en charge.

Mais de graves problèmes ont été relevés suite à l'examen de ce dispositif parallèle, nous vous invitons à lire l'article de l'appel des appels pour en savoir plus : Plateforme pour enfants présentant des TND, réponse coûteuse, illusoire et préoccupante.



Information Importante : Report des dates pour la formation "Graphomotricité : un acte psychomoteur"

Le 01 avril 2020

Compte-tenu du contexte sanitaire actuel, les dates de la formation DPC psychomotricité "Graphomotricité : un acte psychomoteur" sont reportées :

  • Le Module 1 : " Graphomotricité : l'acte graphique " aura lieu du jeudi 3 au samedi 5 septembre 2020, Paris 15ème, Métro "Convention"

  • Le Module 2 : " Graphomotricité : les troubles graphomoteurs " aura lieu du jeudi 15 au samedi 17 octobre 2020, Paris 15ème.

 

 

 Prenez bien soin de vous !



Le stylo serait plus efficace que l’ordinateur pour prendre des notes...

Le 16 mars 2020

Pourquoi il vaut mieux prendre des notes à la main ?  Et comment ?

 

Mueller et Oppenheimer, psychologues chercheurs à l’université de Princeton et de UCLA Anderson School of Management, ont conduit des recherches pour comparer l’efficacité en termes de mémorisation de la prise de notes à la main et celle à l’ordinateur.

Dans leur première expérience, 65 étudiants ont été amenés à regarder des conférences TED à propos de sujets en relation avec leurs études mais non encore couverts par leurs professeurs. On a donné à une partie de ces étudiants un ordinateur sans accès à Internet et à l’autre un bloc de papier et un crayon.

Suite à la projection, les étudiants ont été soumis à 30 minutes de distractions. A la fin de ces 30 minutes, ils devaient répondre à deux types de questions portant sur les conférences qu’ils venaient de voir : une question sur les faits (ex : “Quand la civilisation Maya s’est-elle éteinte ?”) et une autre sur des concepts (ex : “En quoi les sociétés japonaises et suédoises diffèrent-elles dans leurs approches des inégalités sociales ?”).

Les résultats ont révélé que les performances des deux groupes étaient similaires aux questions liées au rappel de faits, mais les étudiants qui avaient pris des notes à l’ordinateur ont sous performé aux questions relatives aux concepts.

Mueller et Oppenheimer avancent plusieurs hypothèses :

  • Les étudiants qui ont pris des notes avec un ordinateur ont écrit plus de mots et de phrases complètes reprenant presque mot pour mot ce que le conférencier disait, comme dans une sorte de retranscription impensée, littérale, non transformée.
  • Les étudiants qui écrivent à la main ne peuvent pas tout retranscrire littéralement car ils ne peuvent pas écrire aussi vite que les gens parlent : ils sont amenés à sélectionner les informations les plus importantes, à synthétiser, à faire des récapitulatifs, à écrire des mots clés plutôt que des phrases, à transformer dans leurs propres mots.

Les chercheurs ont donc refait la même expérience en demandant expressément aux étudiants qui étaient dotés d’un ordinateur dans ce nouveau test de ne pas chercher à transcrire mot à mot ce que dit le conférencier. Or il se trouve que la plupart des étudiants ont eu le même comportement que lors de la première expérience. Le simple fait d’avoir un ordinateur dans les mains semble mener les personnes qui prennent des notes à retranscrire littéralement, sans chercher à dégager le sens, à synthétiser ou à reformuler avec ses propres mots.

Mueller et Oppenheimer ont également remarqué que les étudiants qui ont pris des notes avec un papier et un crayon sur performent sur le moyen terme en termes de mémorisation des concepts (ils ont demandé aux étudiants de relire leurs notes une semaine plus tard avant de passer un petit test de connaissance).

La recommandation qu’en déduisent Mueller et Oppenheimer concerne donc deux points :

  1. L’outil de prise de note : la prise de notes manuelle est plus efficace que la prise de note avec un ordinateur,
  2. La manière de prendre des notes : les bénéfices de la prise de note manuelle vient surtout du fait qu’elle force en quelque sorte à transformer l’information alors que l’ordinateur tend à pousser les utilisateurs à prendre des notes automatiquement, littéralement (même quand ils sont invités à “penser” leur prise de notes).

Quelque que soit l’outil de prise de note, on peut penser que certaines méthodes permettent d’augmenter les performances de mémorisation et de compréhension :

  • S’entraîner à prendre des notes avec des Mind Maps (cartes mentales)

  • S’entraîner à prendre des notes sous forme de Sketchnote 

Sketchnoting d’après une conférence sur la bienveillance au quotidien

  • Intégrer des schémas, des dessins, des diagrammes autant que possible

Si les notes sont prises  à l’ordinateur, les transformer sous forme de Mind Map, de carte conceptuelle ou de Sketchnote plus tard pour mieux les mémoriser (et mixer les techniques)

Pour les personnes souffrant de troubles dys (dyspraxie, dyslexie, dysorthographie) et pour lesquelles la prise de notes est difficile, il est possible de garder en mémoire l’effet de supériorité du dessin pour la mémorisation. Il existe de nombreux logiciels (payants ou gratuits) qui permettent de réaliser des cartes mentales, des schémas, des cartes conceptuelles ou encore des Sketchnotes.

Sources :  Tout pour apprendre efficacement (à l'école et ailleurs)

 

 

Le stylo serait plus efficace que l’ordinateur pour prendre des notes en cours

 

 

Quel support privilégier pour la prise de notes à l’université ? Selon les américains, le retour du bon vieux stylo serait plus utile pour retenir efficacement ses leçons, bien qu’il soit plus rapide d’écrire par ordinateur.

Face à la multiplication des ordinateurs en amphi, une étude de Psychological Science montre que la prise de notes manuscrites permettrait de mieux retenir ses cours.

Prendre des notes à la main serait plus efficace que de prendre des notes par ordinateur: c’est la conclusion d’une étude américaine publiée dans Psychological Science et réalisée par Pam Mueller, de Princeton et son ancien professeur de psychologie Daniel Oppenheimer de l’UCLA Anderson, une école de commerce de Californie. Cette analyse s’oppose donc à la tendance high-tech, voyant le nombre de netbooks et d’ordinateurs portables se multiplier sur les bancs de l’université.

En effet, alors que l’usage de l’ordinateur portable et de tablettes pour la prise de notes en amphi se démocratise, les nouvelles technologies ont aussi l’inconvénient de déconcentrer les étudiants qui en profitent pour zapper de la prise de notes au shopping en ligne et autres réseaux sociaux. L’esprit vagabonde rapidement sur le Net, et incite l’étudiant à se distraire lors d’une partie de solitaire alors que l’écriture papier lui demande davantage de sérieux.

Plus vite mais moins efficace...

Même si l’étudiant ne se rend pas sur Internet, cette étude intitulée «le stylo est plus puissant que le clavier: des avantages de l’écriture cursive comparée à l’ordinateur pour la prise de notes», estime que taper son cours n’aiderait pas à la bonne compréhension des cours. L’étudiant qui écrit avec son stylo fait le tri avant de prendre des notes et intègre donc d’une autre façon les informations données par son interlocuteur.

La mémoire travaille davantage lorsque l’étudiant réfléchit à ce qu’il écrit. Grâce à l’ordinateur, il va donc certes plus vite, mais il écrit de façon moins intelligente, comme le fait comprendre Daniel Oppenheimer : «Taper à la vitesse de la lumière encourage à transcrire ce que l’on entend, sans faire vraiment attention à ce qui est dit».

Les chercheurs ont d’ailleurs fait des tests sur trois groupes d’étudiants selon leur méthode de prise de notes. Les résultats ont indiqué clairement que les étudiants aux notes manuscrites avaient été plus attentifs et pouvaient répondre à des questions précises sur le cours énoncé. Les notes prises par les étudiants avec un ordinateur étaient pourtant plus longues et détaillées.

Déjà constatée pour les enfants, cette tendance à l’apprentissage écrit s’applique donc aussi aux étudiants.

Par Carrière Aliénor • Publié le 28/04/2014



Nouvelle Formation pour 2021 : " L'enfant troublé et son corps ", animé par Anne-Marie LATOUR

Le 02 mars 2020

 

Formation continue pour psychomotricien et soignants intéressés :

L’enfant troublé et son corps.

 
 

Les troubles dans l’intégration psychomotrice affectent de façon spécifique le développement de l’enfant. Ils sont présents dans de nombreux tableaux cliniques, tantôt de façon manifeste, parfois plus discrets : troubles instrumentaux, troubles des coordinations et troubles « dys », instabilité psychomotrice et TDAH, troubles graves de la relation et TSA, troubles de l’image du corps et pathologies mentales

En raison de leur précocité, ils altèrent le développement dans sa globalité (tonique et postural, instrumental, cognitif, affectivo-relationnel).

Pour la même raison, sans traitement, ils sont durables et susceptibles d’affecter la psychomotricité de l’adolescent et de l’adulte.

Chez l’enfant troublé dans son corps (mais aussi chez l’adolescent et l’adulte), l’intégration psychomotrice a échoué tout ou partie, une autre logique développementale a été à l’œuvre. Celle-ci reste néanmoins mobilisable au travers d’expériences psychomotrices structurées. Des réaménagements psychomoteurs, toujours progressifs, peuvent être opérés par la proposition d’un cadre thérapeutique rigoureux dans lequel l’ajustement du soignant aux besoins spécifiques du patient est nécessaire.

L’appropriation progressive du corps (son habitation, sa subjectivation) avec ses potentialités et ses limites, reste un vecteur principal de développement. Elle permet de faire l’expérience d’avoir « un corps à soi parmi (avec) les autres ».

Et il n’y a pas d’âge pour cela …

Objectifs pédagogiques

  • Connaître la logique développementale spécifique d’un enfant (ado, adulte) troublé dans son corps.
  • Repérer les fonctionnements et les besoins singuliers du patient
  • Développer la capacité à proposer des interventions psychomotrices structurées – structurantes
  • Elaborer un cadre de travail favorisant l’accueil et la mobilisation des troubles précoces de l’intégration psychomotrice.
  • Communiquer et raconter au patient, sa famille, les professionnels ce qui est utile et nécessaire.
 

Public : Psychomotriciens D.E.  et tous soignants intéressés par la compréhension et la mise au travail des problématiques corporelles.

Formatrice : Anne-Marie Latour, psychomotricienne, formatrice.

Durée : 2 sessions de 2 jours

Dates : 2021

Découvrez dès maintenant la fiche détaillée de cette nouvelle formation complémentaire en psychomotricité, une formation qui s'adresse aux psychomotriciens ainsi qu'au personnel soignant : L'enfant troublé et son corps.



En tant que professionnel, que partager des confidences d’un enfant et avec qui ? Entretien avec Claire Meersseman

Le 01 mars 2020

Un entretien avec Claire Meersseman (04:02), psychologue clinicienne, psychothérapeute et thérapeute familiale.

Recevoir les confidences d'un enfant à propos de maltraitance est perturbant pour le professionnel. Dans un premier temps il est nécessaire d'en parler à un collègue, la direction, le pms ou pse et de faire ausculter l'enfant par un médecin si cela s'avère opportun... Partager ce secret permet au professionnel de prendre du recul par rapport à la situation et de ne pas agir dans la précipitation ou sous le coup de l'émotion.  

Selon les situations et surtout le degré de danger pour l'enfant, il est nécessaire de réfléchir à plusieurs sur quelle loi privilégier : l'assistance à personne en danger ou le maintien du secret professionnel. Selon cette analyse de la situation, il s'agira d'alerter les autorités judiciaires, de contacter des services tels que les équipes SOS Enfants, SAJ...

Les parents doivent être informés de la situation et une alliance est créee avec eux. 

 

Si je reçois les confidences d’un enfant maltraité, avec qui et qu’est-ce que je vais partager par rapport à ce qu’il y a lieu de faire ?

En tant que psychomotricien, il est possible que vous recueilliez les confidences d’un enfant maltraité. Dans le cadre de nos fonctions et au regard du secret professionnel, que faut-il partager comme information, avec qui et quoi faire ?

Claire Meersseman, psychologue clinicienne, psychothérapeute et thérapeute familiale donne réponses à nos interrogations sur la démarche à entreprendre dans ce type de situation perturbante.

En référer à ses collègues ou sa direction

En fonction de mon rôle, et de mon insertion dans l’institution dans laquelle je travaille, je dois étudier la possibilité d’en référer à un collègue de travail ou à mon chef de service. On sait tous que recevoir des confidences d’un enfant maltraité est quelques chose très perturbant et très lourd. Je peux être dans l’envie d’agir directement, ce qui sera sans doute nécessaire, mais en premier lieu il faut en référer quelqu’un de proche dans ma sphère professionnelle.

Evaluer le besoin de soin ou de protection de l’enfant

Si je reçois la confidence d’un enfant à l’école par exemple, c’est important que j’en parle avec des collègues ou avec ma direction. Ou de pouvoir référé au PSE s’il y a lieu de faire un constat, ou de référé au PMS pour qu’ils puissent prendre le relais. Cela va m’aider à prendre du recul sur la situation et pouvoir évaluer si cet enfant à d’abord besoin de soin ou besoin de protection.

Assistance à personne en danger et secret professionnel

S’il y a besoin d’une protection immédiate, nous allons être confronter à la question des limites par rapport au secret professionnel et à la question de l’assistance à personne en danger. Or ces deux lois qui organisent nos métiers, demandent que l’on évalue ce que l’on va mettre en priorité. Si je privilégie l’assistance à personne en danger, c’est-à-dire d’aider cet enfant et de le protéger, je vais devoir me délier du secret professionnel et faire appel aux autorités judiciaires. C’est un acte important, qui impliquent de grandes responsabilités, c’est pourquoi il est primordial que je l’évalue la situation avec des collègues et voir exactement quelles informations je vais transmettre aux autorités judiciaires. Mais tous les enfants qui sont maltraités, n’aboutissent pas au niveau judiciaire, pourquoi ? Parce-qu’avant même de faire appel aux autorités, si j’ai parlé avec des collègues, nous avons peut-être la possibilité de faire appel à tel ou tel service pour protéger cet enfant. Ce qui représente déjà une première intervention d’aide ou de soin pour l’enfant.

Faire équipe avec les parents

Il est important aussi de penser et de savoir qui sera la personne, qui va parler aux parents de la difficulté que l’on rencontre avec leur enfant et pouvoir faire alliance avec eux. C’est important de s’entourer, de faire une petite équipe d’intervention de première ligne. Il faut agir, mais il ne faut pas agir dans la précipitation. C’est important d’agir si on a réfléchi aux conséquences, aux types d’actions que nous allons mener tant par rapport à l’enfant, que à la relation que l’on aura avec les parents.

 

Claire Meersseman nous livre également un entretien vidéo qui nous explique quelle est la différence entre le secret professionnel et le devoir de discrétion qu’on vous invite à consulter



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