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Vidéo Conférence "La Psychomotricité à l'épreuve de la Covid 19"

Le 18 juin 2020

S'Pass Formation, organisme de formation continue de psychomotriciens, a organisé avec son équipe de formateurs, une vidéo-conférence :

 

La Psychomotricité à l'épreuve de la Covid 19

 

 

Elle était animée par :

  • Jérôme Boutinaud, psychomotricien, psychologue clinicien et maître de conférence à Paris Descartes (68 et 75)
  • Monique Busquet, psychomotricienne et formatrice, Secteur Petite Enfance (93)
  • Charlotte Paumel, psychomotricienne MPI-R, Secteur de Pédopsychiatrie Enfants et Adolescents (92 et 94), Dispositif d'accueil et d'accompagnement des familles lors du confinement au C.H. Intercommunal de Créteil (94)
  • Geneviève Larrieu, psychomotricienne et eutoniste. I.T.E.P. et cabinet libéral (64)

Présentation par Jérôme BOUTINAUD, Psychomotricien, Psychologue, Psychothérapeute, Maître de conférences en psychologie clinique à l'université de Paris, membre titulaire du laboratoire PCPP (EA 4056).

La situation sanitaire inédite que nous avons traversée et qui continue à produire des effets considérables sur l’ensemble des offres de prise en charge des dispositifs médicaux sociaux, nécessite désormais que tous les acteurs de ce secteur modifient leurs pratiques cliniques.

C’est ainsi que viennent à se télescoper des logiques de travail installées de longue date et des consignes sanitaires nouvelles, parfois strictes, qui tendent à en bousculer les acquis et la stabilité.

Parmi les cliniciens interpellés par cette situation singulière, les psychomotriciens se voient désormais obligés de réinterroger leur engagement professionnel sur des modalités qui bien souvent malmènent leurs habitudes.

Dans un tel contexte, tout rapproché corporel (et pas seulement le toucher) semble désormais prohibé et marqué par une forme de dangerosité, paraissant inviter non seulement à une mise à distance des corps mais aussi potentiellement à une forme d’immobilité ou d’inhibition motrice tout du moins. Comment dès lors continuer à pouvoir travailler autour d’un axe aussi central que le corps en relation et le dialogue tonico-émotionnel dans ces conditions ?

Cette séparation de corps se trouve par ailleurs devoir être aussi questionnée face aux demandes de maintien des liens vis à vis des patients et des familles qui ne peuvent (ou ne pouvaient plus) bénéficier d’un accueil en présentiel : nous pensons ici à l’utilisation des contacts téléphoniques ou virtuels, en nous demandant comment les psychomotriciens peuvent habiter ces dispositifs qui paraissent les éloigner de leurs cœur de métier…

La richesse et la profusion du matériel habituellement utilisé dans les salles de psychomotricité se transforment ici quant à elles en véritable contrainte du fait des consignes relatives au nettoyage de ce dernier. Comment s’y prendre du coup pour aménager son utilisation ? Quels choix effectuer ?

Les questions sont, comme nous pouvons le voir, nombreuses et les réponses à inventer au fil de l’eau.

À partir de présentations de plusieurs intervenants et des échanges avec les participants, ce webinaire propose de déplier ces thématiques clés pour pouvoir les mettre au travail…

 

 

  • Dans un premier temps (passage à 21min30 de la vidéo), Geneviève LARRIEU, Psychomotricienne D.E. et Eutoniste Gerda Alexander®, nous a partagé son expérience, et son vécu de psychomotricienne à l’I.T.E.P. où elle exerce, ainsi qu’en cabinet libéral, à Pau (64).

Elle a intitulé son intervention : « Bricolage, un art en psychomotricité » : bricoler pour s’ouvrir à une énergie créative. Le bricolage, art, dans lequel elle pense que les psychomotriciens sont experts. Elle revient de façon très pertinente ce qu’est pour elle le Bricolage :

  1. Tenter de penser ce que nous faisons pour pouvoir en répondre… c’est ici, dans ce contexte penser les ajouts protocolaires.
  2. Résister quand c’est nécessaire…. Ce qui peut signifier désobéir lorsque la situation le nécessite. En terme psychomoteur je pourrais remplacer désobéir par Repousser. C’est à dire poser un acte autre que celui attendu et en répondre.
  3. Être vigilant(e)e d’une tentative à la sur-obéissance, nos peurs + guider une interprétation excessive des préconisations.
  4. Bricoler : C’est tenir compte du contexte (observer, se laisser toucher dans la rencontre), tenir compte des imperfections, accepter les erreurs, les doutes... juste user et abuser du tâtonnement, de l’improvisation, de l’ajustement nécessaire.

 

  • Charlotte PAUMEL (passage à 45min08 de la vidéo), Psychomotricienne et Titulaire du double titre d’expert en psychomotricité/ Master International en psychomotricité, exerçant dans le service de pédopsychiatrie universitaire du 5ème secteur du Val de Marne et en clinique psychiatrique pour adolescents et jeunes adultes ; Chargée d'enseignement et Formatrice.

Elle a intitulé son intervention : « La guerre est déclarée : une crise généralisée » et évoque la désorganisation du collectif et la nécessité de se réorganiser en temps réel « dans l’urgence, tout en restant dans l’ici et maintenant », étant elle-même sollicitée pour renforcer les équipes au service d’un accompagnement des familles touchées par la pandémie : Quelles places et quelles identités professionnelles dans ce contexte ? Pour notamment rendre les aspects techniques moins effrayants, pour refaire du collectif et de l’humain dans une situation inédite qui questionne l’éthique ? Elle partage son expérience de psychomotricité « Hors les murs », dans le cadre de la continuité des soins en CMP en distanciel, ainsi que les ajustements possibles depuis le retour des patients en présentiel pour intégrer au mieux les nouvelles règles sanitaires, voire en faire une éventuelle « force » dans le projet thérapeutique au-delà de la contrainte.

 

  • Monique BUSQUET (passage à 1h10min45sec de la vidéo), Psychomotricienne D.E., Cadre de santé territoriale en Centres de P.M.I. et Structures d’Accueil de Jeunes Enfants, Formatrice D.U., Auteure (Heureux dans son corps, heureux à la crèche) Chroniqueuse (Les Pros de La Petite Enfance), nous parle des craintes dans les modes d’accueil de la petite enfance, l’application de protocoles parfois « sans pensée »…l’émergence des autoritarismes, la banalisation, voire le déni des effets du confinement sur les enfants et leur développement sur le long terme… l’illusion de la «télé ou visio-relation», les ingrédients fondamentaux de la santé physique et mentale à remettre au centre de nos pratiques de soignants…

 

 Pour aller plus loin :

Ø https://www.ideereka.com/animate/memory-gestes-barrieres/

Ø Lien sur les émotions avec masque : http://www.solenelaferriere.fr/les-yeux-qui-parlent/

Ø La tribune écrite sur le dispositif sur le C.H.I. de Créteil, dont a parlé Charlotte PAUMEL :

https://www.nouvelobs.com/coronavirus-de-wuhan/20200529.OBS29484/tribune-pour-un-accueil-a-l-hopital-des-proches-de-infectes-du-covid.html  

Ø https://frequenceprotestante.com/diffusion/dialogue-sujet-psy-du-13-06-2020/

Ø https://www.has-sante.fr/jcms/p_3188133/fr/parcours-de-readaptation-du-patient-covid-a-la-sortie-de-reanimation-et/ou-de-mco-en-ssr-puis-a-domicile

Ø Un texte de psychomotriciens belges : https://pro.guidesocial.be/articles/carte-blanche/covid-19-et-psychomotricite-quand-le-corps-en-relation-devient-une-menace.html

Ø Un texte de Roland Gori : « Je suis en colère » : http://rencontres-et-debats-autrement.org/index.php?page=je-suis-en-col%C3%A8re.-par-roland-gori.

Ø Une conférence de Sylviane Giampino :  Les 5 conférences « Penser l’après …ensemble! » désormais disponibles en ligne – ACEPP http://www.acepp.asso.fr/colloque-mai-2020/

Ø Une intervention de Pierre Delion : http://www.acepp.asso.fr/colloque-mai-2020/

Ø Une journée organisée par la SFPEADEA : http://sfpeada.fr/journee-du-18-septembre/

Ø Une page du COPES : http://scope.copes.fr/le-port-du-masque-dans-la-relation-a-lenfant/

Ø Une lettre d’Annie Ernaux :

Annie Ernaux est écrivain. Elle vit à Cergy, en région parisienne. Son œuvre oscille entre l'autobiographie et la sociologie, l'intime et le collectif. Dans cette lettre adressée à Emmanuel Macron, elle interroge la rhétorique martiale du Président.

Cergy, le 30 mars 2020

Monsieur le Président,

« Je vous fais une lettre/ Que vous lirez peut-être/ Si vous avez le temps ». À vous, qui êtes féru de littérature, cette entrée en matière évoque sans doute quelque chose. C’est le début de la chanson de Boris Vian Le déserteur, écrite en 1954, entre la guerre d’Indochine et celle d’Algérie. Aujourd’hui, quoique vous le proclamiez, nous ne sommes pas en guerre, l’ennemi ici n’est pas humain, pas notre semblable, il n’a ni pensée ni volonté de nuire, ignore les frontières et les différences sociales, se reproduit à l’aveugle en sautant d’un individu à un autre. Les armes, puisque vous tenez à ce lexique guerrier, ce sont les lits d’hôpital, les respirateurs, les masques et les tests, c’est le nombre de médecins, de scientifiques, de soignants. Or, depuis que vous dirigez la France, vous êtes resté sourd aux cris d’alarme du monde de la santé et ce qu’on pouvait lire sur la banderole d’une manif en novembre dernier -L’état compte ses sous, on comptera les morts - résonne tragiquement aujourd’hui. Mais vous avez préféré écouter ceux qui prônent le désengagement de l’Etat, préconisant l’optimisation des ressources, la régulation des flux, tout ce jargon technocratique dépourvu de chair qui noie le poisson de la réalité. Mais regardez, ce sont les services publics qui, en ce moment, assurent majoritairement le fonctionnement du pays :  les hôpitaux, l’Education nationale et ses milliers de professeurs, d’instituteurs si mal payés, EDF, la Poste, le métro et la SNCF. Et ceux dont, naguère, vous avez dit qu’ils n’étaient rien, sont maintenant tout, eux qui continuent de vider les poubelles, de taper les produits aux caisses, de livrer des pizzas, de garantir cette vie aussi indispensable que l’intellectuelle, la vie matérielle.  

Choix étrange que le mot « résilience », signifiant reconstruction après un traumatisme. Nous n’en sommes pas là. Prenez garde, Monsieur le Président, aux effets de ce temps de confinement, de bouleversement du cours des choses. C’est un temps propice aux remises en cause. Un temps   pour désirer un nouveau monde. Pas le vôtre ! Pas celui où les décideurs et financiers reprennent déjà sans pudeur l’antienne du « travailler plus », jusqu’à 60 heures par semaine. Nous sommes nombreux à ne plus vouloir d’un monde dont l’épidémie révèle les inégalités criantes, Nombreux à vouloir au contraire un monde où les besoins essentiels, se nourrir sainement, se soigner, se loger, s’éduquer, se cultiver, soient garantis à tous, un monde dont les solidarités actuelles montrent, justement, la possibilité. Sachez, Monsieur le Président, que nous ne laisserons plus nous voler notre vie, nous n’avons qu’elle, et « rien ne vaut la vie » - chanson, encore, d’Alain Souchon. Ni bâillonner durablement nos libertés démocratiques, aujourd’hui restreintes, liberté qui permet à ma lettre – contrairement à celle de Boris Vian, interdite de radio – d’être lue ce matin sur les ondes d’une radio nationale. »

Annie Ernaux



Nouvelle Formation pour 2021 : " Elaboration clinique - Région Ouest : la rencontre en psychomotricité"

Le 12 juin 2020

Retrouvez notre nouvelle formation pour psychomotricien proposée en 2021 par l'équipe de S'pass Formation:
Elaboration clinique - Région Ouest - La rencontre en psychomotricité

 

Si la clinique psychomotrice engage un accueil singulier du symptôme, comment nommer, dire la rencontre, depuis la naissance d’une surface d’échange, réceptacle d’une demande, jusqu’à l’ouverture et au déploiement progressif d’un espace transitionnel ?

Quelle élaboration d’un cadre dit thérapeutique, dans une mise en tension de dispositions matérielles et psychiques, ouvrant vers une possible contenance et transformation des formes primaires de symbolisation, représentations sensibles du corps et de l’espace ?

Lors des différents temps de formation, nous proposerons aux cliniciens des temps d’échange autour de présentations de situations cliniques et d’analyse des effets de l’accompagnement sur leurs évolutions. Ce travail d’élaboration collective sera soutenu par une recherche de mise en sens, d’articulations théorico-cliniques.

 

Formatrices

  • Cécile RESCAN, Psychomotricienne D.E.
  • Claire JOUANOLLE, Ppsychomotricienne D.E.
 

Public : Psychomotriciens D.E. ayant une expérience professionnelle (limité à 10 participants)

 

Lieu :   RENNES (35) ou périphérie

 

Durée : 8 séances de 3 heures (24 h), de mars à décembre 2021

 

Dates : les samedis 20 mars, 17 avril, 29 mai, 19 juin, 11 septembre, 9 octobre, 6 novembre, 11 décembre 2021 de 9 h à 12 h

 

Plus d'informations très vite sur le site



Crise sanitaire : comment soutenir un élan vital pour sortir de l'angoisse ? Un entretien avec Roland Gori (04:43)

Le 11 juin 2020

La crise sanitaire lié au Covid-19 et l’épisode de confinement que nous avons vécu, nous a laissé quelques traumatismes. Alors comment faire pour sortir de l’angoisse de cette pandémie en soutenant notre appétit ?

En tant que psychomotricien, nous devons repenser notre engagement professionnel et nous devons combiner avec le traumatisme que peut avoir vécu notre patientèle.

Roland Gori, psychanalyste, professeur de psychopathologie clinique, nous livre un entretien en vidéo pour répondre à cette question difficile dans le contexte du Covid-19, avec quelques pistes de réflexion.

 

Public :  Professionnels

Auteur : Roland Gori

 

La question de savoir comment on peut soutenir un élan vital pour sortir de l’angoisse liée à la situation de pandémie et au confinement qu’elle requiert, c’est une question qui est extrêmement difficile.

L'élan vital, qu'est-ce que c'est ?

C’est ce que Freud appelle la libido. C’est quoi la libido ? C’est l’appétit. C’est-à-dire comment soutenir l’appétit des gens pour qu’ils sortent de l’état d’angoisse. Je dirais moins d’ailleurs un état d’angoisse qu’un état de sidération. Car nous avons vécu quelque chose qui peut s’apparenter à un traumatisme.

Traumatisme : la surprise au moment où survient la pandémie

Qu’est-ce que le traumatisme ? Ce n’est pas l’irruption simplement d’un événement physique ou social ou écologique, qui vient nous faire mal, nous blessé. Le traumatisme c’est la surprise dans laquelle nous nous trouvons au moment où surgit cet événement. La notion de traumatisme est inséparable de la notion d’état psychique dans lequel nous accueillons, nous traitons et nous pouvons résister à des événements indésirables qu’ils soient d’ordre psychosomatiques, sociaux ou écologiques. Donc nous avons été sidérés, avec une difficulté de penser et de parler. Et en rajoutant effectivement la prescription d’une distanciation sociale, nous avons été également dans l’impossibilité de partager avec les autres les effets sur notre psychisme et sur notre existence au quotidien de l’irruption de ce traumatisme avec des effets tout à fait comparable au stress post-traumatique. Effectivement avec des insomnies, des troubles physiques, de l’angoisse et bien d’autres symptômes de type anxieux, névrotiques.

Soutenir la possibilité de sortir de cet état de sidération

Soutenir l’appétit, c’est soutenir la possibilité de sortir de l’état de sidération pour pouvoir parler avec l’autre, pouvoir partager et pouvoir lui raconter la manière dont j’ai vécu les choses et la manière dont il les a lui-même vécu. Essayer de comprendre un peu ce qui nous est arrivé, jusqu’à manifester à la fois de la dépression, du désespoir ou de la colère.

Donc soutenir l’élan vital, cela veut dire soutenir l’appétit, soutenir le désir de liberté. La liberté c’est d’avoir la possibilité d’agir, or nous avons été dans l’impossibilité d’agir pendant le confinement. Il faut que nous puissions retrouver cette possibilité d’agir. Que nous puissions à la fois nous mouvoir, nous parler, nous sentir même si on ne se touche pas, nous regarder et nous écouter. Je crois que c’est essentiel et qu’il faut considérer que soutenir l’élan vital c’est tout simplement redonner les conditions d’éprouver de l’appétit pour le monde, pour soi-même, pour la vie et pour la démocratie.

 



"Être « psy » au temps du confinement familial" Article de Daniel Coum, psychologue, psychanalyste

Le 05 juin 2020

Être « psy » au temps du confinement familial - Daniel Coum

Nous faisons aujourd’hui, à grand frais, l’expérience de nos fragilités. Le monde dans lequel nous vivons, pour l’avoir conçu et y avoir placé nos enfants, bute sur un virus, révélateur de notre vulnérabilité de structure.

http://www.appeldesappels.org/tam-tam/etre-psy-au-temps-du-confinement-familial-daniel-coum-2019.htm

 



Le toucher en temps de Covid-19

Le 01 juin 2020

Le toucher en temps de Covid-19



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