Comment le bébé trouve-t-il un espace pour nourrir son sentiment d’existence ? Que se joue-t-il, dans le corps comme dans la psyché, quand l’enfant puis l’adolescent se différencie de ceux qui l’entourent ? 

L’ouvrage collectif Se séparer, devenir sujet, dirigé par Florian Houssier et Dominique Mazéas aux Éditions In Press, explore ces questions de l’autisme à la névrose. Jérôme Boutinaud, formateur chez S’Pass Formation, y signe un chapitre.

La séparation commence par la rencontre

Les auteurs partent d’un constat : l’idée d’un nourrisson replié sur lui-même, fermé au monde extérieur, est aujourd’hui dépassée. Le foetus, le nouveau-né et le nourrisson sont reconnus comme de véritables partenaires d’échanges avec leur environnement, porteurs de traces de sensations qui nourrissent ensuite toute la construction psychique.

Pour que le bébé puisse se percevoir comme distinct de l’autre, il faut d’abord une rencontre suffisamment ajustée. L’introduction insiste sur « la subtilité d’un ajustement mimo-gesto-postural réciproque » entre l’adulte et le tout-petit, et résume : « la séparation a pour terreau la rencontre avec autrui ».

Frontières entre soi et l’autre, holding, unité du corps, ajustement tonique et postural : autant de notions au coeur de la pratique des psychomotriciens, que l’ouvrage relie au processus de subjectivation, de la petite enfance jusqu’à l’âge adulte.

Le chapitre de Jérôme Boutinaud

Dans « Les destins de la séparation dans le travail psychothérapique avec l’enfant psychotique », Jérôme Boutinaud revient sur l’actualité de la clinique de la psychose infantile et sur les logiques de séparation et d’individuation propres à cette problématique, à partir d’un cas clinique.

Jérôme Boutinaud est maître de conférences HDR à l’Institut de psychologie de l’Université Paris Cité, psychologue clinicien, psychomotricien et psychothérapeute. Chez S’Pass Formation, il anime plusieurs formations qui prolongent directement ces questions :

D'autres chapitres qui parlent aux psychomotriciens

  • Bernard Golse : la mise en place des liens préverbaux et l’écart intersubjectif.
  • Jean-Yves Chagnon : troubles des apprentissages et angoisses de séparation, avec un plaidoyer pour un abord psychopathologique des troubles instrumentaux.
  • Dominique Mazéas et Ariane Luçon : un groupe « danse » parents-enfants autistes, ou comment l’écho entre les corps aide à se séparer.
  • Aurélie Maurin-Souvignet et Raphaël Riand : la séparation dans les groupes thérapeutiques d’enfants.
  • Florian Houssier : la fin d’adolescence et la nécessité d’« installer la psyché dans le soma ».

L'ouvrage Se séparer, devenir sujet

Sous la direction de Florian Houssier et Dominique Mazéas
Éditions In Press, collection Ouvertures Psy

Avec les contributions d’Isée Bernateau, Christophe Bittolo, Jérôme Boutinaud, Jean-Yves Chagnon, Simruy Ikiz, Bernard Golse, Florian Houssier, Ariane Luçon, Aurélie Maurin-Souvignet, Dominique Mazéas, Raphaël Riand et Julie Vanhalst.